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Tourisme fluvestre : retour sur la 1re journée nationale

Ce 27 mars, 150 personnes participaient à la 1re journée nationale sur le tourisme fluvestre, organisée par les Départements & Régions Cyclables (DRC) et Voies Navigables de France (VNF). Le tourisme fluvestre désigne toute activité touristique organisée sur une voie d’eau ou les espaces terrestres à proximité de celle-ci pratiquée par une personne en dehors de son lieu de résidence principale. Il englobe une variété d’activités : croisière, aviron, pêche, randonnée pédestre, équestre ou cyclable, plaisance privée, … Pour la première journée du genre, les DRC et VNF ont concentré leurs travaux sur les synergies entre fluvial et cyclable, deux fleurons du tourisme français aux pratiques complémentaires sur la voie d’eau et ses à-côtés.

Fluvial et cyclable : des passerelles évidentes

Le « Slow tourisme » est une tendance forte du tourisme depuis plus de 10 ans. Dans son giron, tourisme fluvial et tourisme à vélo se démarquent particulièrement : des retombées économiques de l’ordre de 500 M€ par an pour le premier et estimées à 2 Mds€ par an pour le deuxième. Ces deux formes d’écotourisme se rejoignent sur plusieurs points. Elles concernent souvent les mêmes territoires, à savoir les bassins fluviaux. 87% du réseau VNF, d’environ 9 000 kilomètres, est concerné par une véloroute du Schéma national. Parmi les itinéraires cyclables les plus emblématiques, certains sont identifiés à la voie d’eau : le Canal des 2 Mers à Vélo, la ViaRhôna, La Loire à Vélo, … Les clientèles fluviales et cyclables se ressemblent : des CSP+, avec une forte proportion de clientèles étrangères (Néerlandais et Allemands pour les européens, Canadiens et Américains pour les clientèles éloignées), des retraités et des familles en majorité, en attente de lenteur et de découvertes expérientielles et patrimoniales. Ces passerelles fluvestres se traduisent dans l’offre d’opérateurs privés. « Pour Locaboat, société française de location de bateaux habitables sans permis, le vélo est le complément idéal de la croisière fluviale. En plus de nos 240 bateaux répartis sur 19 bases en France et en Europe, nous disposons de 900 vélos dédiés à la location. Au total, 8 000 locations de vélo ont été réalisées en 2016 sur nos bases en France. 4 clients sur 10 louent un vélo, sans compter ceux qui viennent avec leurs propres vélos », témoigne Ophélie BARRIÈRE, directrice adjointe de Locaboat Holidays. Le tour-opérateur La Bicyclette Verte fait le choix de mettre en avant son offre spécifique « Vélo et bateau ». Pratiques fluviales et cyclables rendent de la vie à la voie d’eau : « les cyclistes vont s’arrêter à l’approche d’une écluse pour observer un bateau passer et inversement, les cyclistes donnent envie aux fluviaux de découvrir les environs de la voie d’eau », décrit un intervenant de la journée.

Les enjeux du tourisme fluvestre

Le premier enjeu du tourisme fluvestre est celui des services. Comment permettre aux touristes fluvestres de consommer sur leurs parcours ? Comment offrir des services de qualité et en nombre suffisant à proximité des voies d’eau ? Le choix de la halte fluviale de Fragnes – La Loyère s’est porté sur la marque Accueil Vélo© : « pour afficher notre offre, être mieux connu et reconnu, la halte fluviale de Fragnes détient la marque Accueil Vélo. Cela nous apporte une notoriété supplémentaire pour nos services de location de vélo, de petite réparation et d’information touristique », présente Bernard PION, adjoint à la ville. Dans la Somme, le Département s’est attelé à la requalification de ses maisons éclusières : « dans le cadre du projet de valorisation de la vallée de la Somme, l’intérêt de rénover des maisons peu avenantes tout en comblant des carences de services est apparu comme une évidence », témoigne Claire Blin, du département de la Somme. « Une étude de programmation faisant état de l’existant et des besoins a été conduite avec une première phase de requalification sur 6 sites prioritaires. Suite aux travaux entre 2014 et 2016, des gestionnaires ont été identifiés via un appel à manifestation d’intérêt. Trouver preneur n’a pas toujours été facile mais en juillet 2016 ces 6 premiers les sites ont été ouverts à l’accueil du public ». Optimiser l’existant et favoriser le multi-usage développe donc l’offre de services fluvestres. Pour autant, des freins se posent au développement de produits combinés vélo+bateau : dans le cas de la plaisance, l’itinérance à la fois vélo et bateau est difficile à organiser logistiquement ; pour des aller-retours vélo et bateau, certains bateaux refusent l’embarquement des vélos ; enfin les gabarits de péniches sont parfois contraints lors de la navigation. Un autre enjeu est celui de la communication. « Sur l’exemple de La Loire à Vélo et pour structurer l’offre fluviale, l’agence régionale Pays de la Loire a mis en réseau les acteurs de la filière autour de La Loire en bateau pour proposer de co-construire des outils communs », rapporte Stéphanie Chabot, chargée de développement tourisme. « Depuis 2013, La Loire en bateau a permis la création d’un flyer commun, l’élaboration d’une signalétique partagée et de fédérer 15 structures en 2016. La rentabilité des offres vélo et bateau est compliquée lors de la mise en place mais la fréquentation se développe. L’objectif est de consolider l’observation de la fréquentation et le travail en commun ».

Perspectives du tourisme fluvestre

Alors que tourisme fluvial et cyclable ont des spécificités qui leurs sont propres, l’avenir du tourisme fluvestre dépendra du lien créé entre les démarches, dans les territoires. « En Gironde, le développement du tourisme à vélo est soutenu par le Département de longue date », présente Cédric Naffrichoux, directeur adjoint de Gironde Tourisme. « La structuration de la filière fluviale a été plus tardive avec l’élaboration d’un premier schéma départemental sur le tourisme fluvial pour 2016-2021. Néanmoins le lien entre les différentes démarches est fait avec l’intégration d’une vision fluvestre et la prise en compte des enjeux du vélo dans la stratégie fluviale ». D’autres expériences ont été mises en avant par les organisateurs de la journée : les contrats de partenariat à l’échelle d’un canal, d’un port ou d’un site encouragés et soutenus par VNF en lien avec les collectivités ; ou les comités d’itinéraire cyclables à l’échelle de véloroutes nationales ou internationales suivis par les DRC. Certaines Régions ne s’y sont pas trompées et développent des stratégies globales à l’instar de la Bretagne ou de la Bourgogne Franche Comté. Le besoin de transversalité appelle à mener les projets à une autre échelle et en commun.

Un premier panorama des initiatives fluvestres a été présenté lors de la journée du 27 mars. Il aura vocation à être approfondi et développé lors de prochains rendez-vous et travaux. Au-delà du mariage réussi entre fluvial et cyclable, la réflexion devra aborder la question des autres pratiques fluvestres dans la diversité des pratiques fluviales et cyclables. Pour l’heure, les DRC et VNF donnent rendez-vous aux acteurs concernés lors des 21es Rencontres des DRC les 5 et 6 octobre 2017 à La Rochelle, et lors des Rencontres nationales du tourisme fluvial les 1er et 2 février 2018 à Bordeaux.

Agathe Daudibon

Politiques cyclables