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Le Maine-et-Loire, département cyclable

Vélo & Territoires, n°27 - Hiver 2012

Premier département horticole de France, deuxième en termes de nombre de départements limitrophes (huit, contre dix pour la Seine-et-Marne), le Maine-et-Loire vient tout juste d’adhérer aux DRC. L’occasion de faire le point sur la politique cyclable de la terre natale de Joachim Du Bellay, de Coco Chanel et de Fanny Ardant, également connue sous le nom d’Anjou.

vt27-cg49-b_richard_400Interview de Bertrand RICHARD, Chef du Service Développement touristique au Conseil général de Maine-et-Loire

Quelles ont été les grandes dates de la politique cyclable du Département de
Maine-et-Loire ?
Le Maine-et-Loire a élaboré son premier schéma vélo en 2003, mais la collectivité s’était déjà inscrite dans cette dynamique à travers deux faits majeurs. Le premier remonte à 1996, avec la mise en place de la Fête du vélo. L’idée de cette fête était de réserver aux cyclistes, le temps d’une journée, les levées longeant la Loire entre Angers et Saumur. Ce grand événement populaire, qui s’étend désormais de Montsoreau à l’est jusqu’à Saint-Florent-le-Vieil et Notre-Dame-du-Marillais côté ouest, rassemble désormais entre 25 000 et 35 000 personnes suivant les années… L’autre date clé, c’est l’année 2000, avec l’ouverture de la première section de La Loire à Vélo (à l’ouest d’Angers), entre la Possonnière et Montjean-sur-Loire.

Il y a eu également 2008…
Oui. En décembre 2008, le Conseil général a adopté son second schéma vélo. Il porte sur la période 2009-2015, et est concomitant à l’adoption du nouveau schéma de développement touristique de l’Anjou, qui porte lui aussi sur la période 2009-2015. Alors que le schéma adopté en 2003 avait pour objectif d’initier la mise en place d’un réseau cyclable, ce nouveau schéma vélo a pour ambition la valorisation touristique du réseau cyclable. Pour ce faire, il s’appuie en priorité sur l’image de la vallée de la Loire.

C’est-à-dire ?
Ce schéma départemental vise en particulier la pratique du vélo loisirs par une clientèle familiale. Il s’agit de positionner l’Anjou comme destination de séjour pour la pratique cycliste, et d’offrir une large palette d’itinérances accessibles à toute la famille. Cela va d’une simple promenade à une itinérance plus longue. L’idée pour nous est donc de réaliser un maillage structurant, soit en maîtrise d’ouvrage départementale, soit en apportant un soutien financier aux projets vélos d’autres collectivités.

vt27-cg49-02_400Comment s’articule ce schéma ?
Notre schéma départemental prévoit deux modalités d’intervention du Département. La première modalité concerne la maîtrise d’ouvrage départementale, les services départementaux assurant également la maîtrise d’oeuvre. Cette maîtrise d’ouvrage englobe la finalisation de l’aménagement de La Loire à Vélo (145 km d’est en ouest), ainsi que de deux itinéraires structurants en attente de raccordement avec La Loire à Vélo. Ces deux itinéraires sont d’une part le chemin de halage de la Mayenne - dont 85 km étaient déjà réalisés en Mayenne - et d’autre part Le Thouet à Vélo, dont 120 km étaient réalisés dans les Deux-Sèvres… La seconde modalité d’intervention du CG49 consiste à soutenir, par des subventions, les aménagements réalisés par les collectivités, soit pour la réalisation de nouveaux itinéraires, soit pour l’implantation d’aires d’arrêt le long de ces itinéraires.

Quels sont les élus ou commissions d’élus en charge de la politique vélo ?
Pendant longtemps,le vélo relevait de la Commission des routes. Celle-ci était présidée par Jacques HY, vice-président du Conseil général en charge des routes. Monsieur HY a longtemps porté la politique vélo car il s’agissait dans un premier temps de constituer une infrastructure cyclable, avant de pouvoir penser à sa promotion et à sa valorisation. Aujourd’hui, la politique vélo est portée par la Commission de l’agriculture, du développement économique, de l’innovation et du tourisme. L’élu référent est Dominique
MONNIER, vice-président chargé de l’agriculture et du tourisme. Jacques HY conserve la Fête du vélo qui mobilise un nombre important d’agents du domaine routier pour sa logistique.

Quels sont les atouts du département ?
Le Maine-et-Loire bénéficie de paysages exceptionnels,avec au premier rang la vallée de la Loire, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis Montsoreau jusqu’à Chalonnes-sur-Loire, et qui constitue l’une des sections de l’EuroVelo 6. En plus de ses paysages “naturels“, la vallée de la Loire se distingue par ses coteaux troglodytiques, ses
vignobles, son patrimoine et ses constructions de tuffeau… Outre cette vallée, l’Anjou est doté d’un réseau hydrographique important. Ce réseau structure le territoire et l’habitat et constitue l’ossature du réseau cyclable. L’Anjou bénéficie donc d’un patrimoine à la fois exceptionnel - avec ses châteaux, ses édifices religieux, ses villages - et singulier. C’est le pays des troglodytes, des chevalements des carrières d’ardoises, des fours à chaux, des cales, des aménagements portuaires des bords de Loire ou des rivières du bassin de la Maine, des écluses, etc.

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Un paradis pour cyclistes, donc…
vt27-cg49-03_400Tout à fait. La faiblesse des dénivelés est propice à une pratique du vélo dans un cadre familial. En outre, la proximité des cours d’eau ainsi que la richesse des paysages rendent cette pratique particulièrement attrayante. Néanmoins, le long des cours d’eau, la cohabitation avec les véhicules peut s’avérer parfois difficile, d’autant que dans des secteurs contraints, l’aménagement d’itinéraires cyclables en site propre n’est pas toujours possible. En outre, la traversée des cours d’eau - et plus particulièrement de la Loire - avec la cohabitation des vélos et des voitures sur les ponts, reste un point important difficile à résoudre. Si des passerelles en encorbellement ont pu être installées sur deux ponts à Chalonnes (photo ci-contre), ces aménagements ne sont pas toujours possibles vt27-cg49-04_400pour des raisons techniques ou de coûts… Par ailleurs, le caractère inondable de certains itinéraires peut compliquer les conditions de mise en oeuvre des aménagements. Et compte tenu de l’intérêt environnemental des sites, tout aménagement en bord de cours d’eau peut nécessiterdes procédures complexes liées à des préoccupations environnementales (loi sur l’eau, Natura 2000). Le Département réfléchit à apporter des améliorations pour sécuriser les parcours en privilégiant au maximum les itinéraires en site propre, et intègre les préoccupations environnementales dans ses aménagements. Il est tenu à une vigilance età une exigence de qualité en tant que maître d’ouvrage et maître d’oeuvre.

Quel est le linéaire aujourd’hui ?
Fin 2008, le réseau cyclable en Anjou s’élevait à 200 km. Depuis le début de 2009, 198 km ont été réalisés dont 96 km sous maîtrise d’ouvrage départementale. Il s’agit de la première tranche du chemin de halage de la Mayenne (21 km), du Thouet à Vélo (26 km qui font la jonction entre La Loire à Vélo à Saumur et Montreuil-Bellay dans la continuité des 120 km déjà réalisés dans les Deux-Sèvres), de la section allant de Thouarcé aux Ponts-de-Cé (29 km), celle reliant Saint-Martin-de-la-Place aux Rosiers (8 km) et celle reliant Champtoceaux à La Varenne (12 km avec une section provisoire). A côté de ces 96 km en maîtrise d’ouvrage départementale,il existe 102 km en maîtrise d’ouvrage des collectivités. Ces 102 km comprennent l’antenne est ou antenne des ardoisières (18 km sous maîtrise d’ouvrage d’Angers Loire Métropole), L’Authion à Vélo (62 km entre Mazé et Saumur) et la liaison Brissac-Saint-Rémy (22 km, sous maîtrise d’ouvrage de la Communauté de communes Loire-Aubance). Tout ceci mis bout à bout, l’objectif de 400 km à l’horizon 2015 est déjà quasiment atteint.

vt27-cg49-05_400Quel type de revêtement a été retenu ?
Sauf lorsque le Département emprunte des petites routes à faible circulation pour la réalisation de ses itinéraires, les aménagements en graves et en sable primaire compacté sont privilégiés. Ils garantissent notamment une meilleure intégration dans le milieu naturel et limitent au maximum l’imperméabilisation des sols, dans des zones souvent considérées comme humides ou dans le lit majeur des rivières. Néanmoins, ce choix de matériau nécessite une plus grande vigilance dans sa pérennité.

Quelles sont les prochaines échéances ?
Le Département poursuit l’aménagement du chemin de halage de la Mayenne, dans la continuité des 106 km déjà réalisés en Mayenne (85 km) et dans le nord de l’Anjou, avec pour objectif d’assurer en 2014 la jonction avec Angers et La Loire à Vélo (21km). Par ailleurs, suite à la finalisation de la section de La Loire à Vélo entre Champtoceaux et La Varenne, le CG49 devrait rechercher de vt27-cg49-06_400nouvelles améliorations ponctuelles de l’itinéraire de La Loire à Vélo, afin d’en renforcer la sécurisation.

Et du côté des collectivités ?
Elles multiplient leurs propositions d’aménagements : prolongation au sud de Baugé de la voie verte de Loir en Loire (2012-2013), finalisation de l’Authion à Vélo entre Mazé et Angers (2012-2013), aménagements le long du Loir au nord d’Angers et autour de Durtal, aménagements le long de l’Oudon entre Le Lion-d’Angers et Segré, etc.

Quel est le budget de ces aménagements ?
Le Département consacre entre 300 000 € et 400 000 € par an pour des travaux d’aménagements en maîtrise d’ouvrage.

Avez-vous déjà procédé à un comptage des passages ?
Le Département a installé en 2010 quatre éco-compteurs sur La Loire à Vélo, vt27-cg49-07_400entre Saumur (côté ouest) et Saint-Florent-le-Vieil. Ces éco-compteurs enregistrent entre 25 000 et 45 000 passages par an, 45 000 étant le chiffre pour celui situé à La Daguenière. Le compteur situé en limite des départements 49 et 37, à Candes-Saint-Martin, commune qui jouxte Montsoreau, enregistre quant à lui plus de 50 000 passages annuels. De son côté, Angers Loire Métropole a implanté quatre éco-compteurs sur ses antennes qui permettent de rejoindre La Loire à Vélo et forment une boucle d’une quarantaine de kilomètres. Plus de 100 000 passages ont été enregistrés sur l’éco-compteur de l’antenne ouest, situé à l’entrée de Bouchemaine.

Comment s’articule l’action du CG49 avec celle du CDT d’Anjou ?
Le Comité départemental du tourisme de l’Anjou (CDTA) intervient à quatre niveaux. Il valorise et assure la promotion du réseau cyclable ; il sensibilise et anime le réseau des partenaires pour l’accueil des cyclistes ; il se charge de la communication, que ce soit en matière de presse, d’édition ou de webmarketing ; et il s’occupe enfin de la médiation, notamment à travers l’opération-pilote du guide numérique GPS Cyclopédia® (voir encart page 7)… Le vélo loisir devient donc pour le CDTA un élément fort de sa stratégie de communication. Des séjours packagés sont désormais proposés et, depuis 2010, un site Internet dédié au vélo loisir a été mis en place par les services départementaux et le CDTA.

vt27-cg49-08_400Pratiquez-vous vous-même le vélo ?
En intégrant mes nouvelles fonctions de responsable du service Développement touristique en 2007, je me suis pris au jeu et me suis “remis en selle“. J’ai donc pratiqué tout le réseau d’itinéraires vélo en Anjou, que je continue à fréquenter régulièrement entre amis. Je circule aussi ponctuellement en vélo à Angers pour aller au travail, et je passe une semaine de congé par an à vélo - canal de Nantes à Brest en juillet 2009, Angers-Granville en passant par Le Mont-Saint-Michel en 2010 et l’EuroVelo 6 entre Bâle et le lac de Constance en juillet 2011.

Le Maine-et-Loire en bref
Préfecture : Angers
Superficie : 7 166 km²
Population : 780 000 habitants
Densité : 108 hab/km²
Président : Christophe BÉCHU

Pour en savoir plus :
www.cg49.fr
www.anjou-tourisme.com
www.anjou-velo.com


vt27-cg49-d_monnier_400Interview de Dominique MONNIER, Président du CDT - Vice-président du CG49, en charge de l’agriculture et du tourisme

« La Loire à Vélo est la colonne vertébrale de la pratique cycliste sur notre département. C’est autour d’elle qu’a été bâti le schéma départemental cyclable en Maine-et-Loire, et c’est autour d’elle que prend forme, peu à peu, un maillage à vocation régionale et nationale… A côté de l’itinéraire principal, il existe un itinéraire bis, La Loire à Vélo, rive droite. Il s’agit d’un aménagement situé dans le lit mineur de la Loire, qui permet de circuler au plus près du fleuve pendant les beaux jours. A l’échelle du Maine-et-Loire, l’effet d’ensemble de cet itinéraire est celui d’une locomotive. Les retombées économiques sont proprement époustouflantes : en deux ans, plus de 700 000 vélos ont  été recensés, soit une hausse de 50 % ! Par ailleurs, les statistiques montrent que 33 % des personnes recensées viennent des Pays-Bas, de l’Allemagne ou de la Belgique… Moi-même, j’en effectue chaque été un tronçon à vélo… et je suis très loin d’en avoir fait le tour ! ».

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Anthony DIAO

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