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Sports, loisirs, transports, les usages du vélo n’ont-ils rien en commun ?

« Au pays du Tour de France, le vélo est surtout perçu comme un sport », regrette Geneviève Laferrère, vice-présidente de la FUB. « La première chose qui vient lorsqu’on parle de trajet domicile-travail, c’est la peur de la sueur, de l’effort ». Cette image constitue un sacré frein pour le développement du vélo quotidien. Les associations de cyclistes en France se segmentent par usage du vélo : urbain, loisirs, cyclotouristique, sportif… Ces usages n’ont-ils donc rien en commun ? Les organisateurs de Velo-city ont invités les représentants de ces différentes tendances pour proposer des pistes de réflexions.

Crédit photo: G. Million

Des synergies évidentes

Martin Gibbs, directeur de l’Union cycliste internationale : « nous [sportifs, ndlr] avons besoin que les enfants continuent à faire du vélo au quotidien pour un jour vouloir faire de la course ». Mais au-delà de la compétition, la FFCT, défend une vision du vélo comme outil de découverte et de loisirs et l’idée d’un continuum entre usage utilitaire, loisirs et sportif. Toutes ces pratiques sont des leviers pour augmenter l’usage du vélo quotidien, pour peu que l’on sache « faire parler du vélo autrement » selon Isabelle Gautheron, directrice technique nationale adjointe de la FFCT. Les pratiques loisirs et touristiques, massives en France, permettent d’associer le vélo au plaisir : c’est un début vers une pratique quotidienne. De fait, la FUB et la FFCT ont collaboré pour la mise en place du Certificat de Qualification Professionnelle Éducateur mobilité à vélo.

Bonnes pratiques d’ailleurs

L’association des cyclistes allemands, ADFC, base son action sur deux volets : le « tourisme à vélo » et la mobilité quotidienne à vélo. Pour relier les pratiques, elle soutient par exemple le tourisme urbain à vélo et propose aux touristes, ou aux résidents curieux, de découvrir une ville à vélo. Résultat ? Une expérience positive du vélo en ville. EuroVelo, le réseau des véloroutes européennes, ce n’est d’ailleurs pas que du tourisme : « Eurovelo, ça apporte du vélo dans les villes » explique Käthie Diethelm, présidente du Conseil EuroVelo. Le tourisme à vélo donne envie de continuer de pédaler au quotidien et les itinéraires cyclables sont le support d’une mobilité locale. Ainsi à Budapest, l’EuroVelo 6 est largement utilisée pour des déplacements. Même son de cloche chez Vélo Québec : le projet d’itinéraire longue distance « La Route Verte » a permis de mobiliser des localités isolées sur la question des aménagements cyclables, d’abord pour un itinéraire de tourisme et par la suite sur des réflexions plus globales de mobilité.

Quelles perspectives en France ?

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, a présenté l’impact positif de sa manifestation : « les villes hôtes doivent nous présenter leurs actions pour le vélo et l’événement en tant que tel est utilisé comme un levier pour la politique cyclable ». Pour l’UCI, qui liste parmi ses nouvelles priorités d’accompagner le développement de tous les usages du vélo voit dans les grands rassemblements cyclistes une occasion de mobiliser les élus et les habitants. Ces manifestations offrent de parcourir les routes et les rues sans circulation automobile. Au-delà des événements sportifs, on voit là tout le potentiel des Slow-Up et autres vélo-parade.

Alors, sport, loisirs et vélo quotidien, pratiques irréconciliables ? De fait, les usages du vélo ne s’opposent mais convergent vers une même cible : l’augmentation de toutes les pratiques.

Joseph D’halluin

Politiques cyclables