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France Vélo Tourisme poursuit sa mue en 2018

Gouvernance inclusive depuis un an, travail étroit avec itinéraires et destinations, mobilisation des socio-professionnels, des acteurs publics, des acteurs touristiques, du monde du vélo et des internautes, France Vélo Tourisme synthétise la dynamique fédératrice multi-facettes du tourisme à vélo en France (protéiforme par ailleurs !). Mue numérique, fédération d’acteurs et adaptation, Nicolas Pinson nous explique les changements qui attendent France Vélo Tourisme en 2018 pour promouvoir LA grande destination touristique qu’est la France … à vélo bien sûr.

  • Qu’est-ce qui changera en 2018 ?

Nicolas Pinson : Depuis presque un an, France Vélo Tourisme (FVT) fonctionne avec une nouvelle organisation interne. La parité public-privé subsiste au sein du Conseil d’administration mais, notre base est beaucoup plus ouverte et représentative des intervenants autour du tourisme à vélo en France. Elle rassemble les socio-professionnels, fédérations, tour-opérateurs, éditeurs, itinéraires et destinations et les acteurs publics comme les DRC côté aménageurs, par exemple. Désormais mieux représentés, nous travaillons dans une confiance retrouvée avec les itinéraires et destinations. Ils ont su répondre présent et se mobiliser sur la conception de la version 2.0 du site de France Vélo Tourisme, qui devrait voir le jour cet été. L’enjeu pour nous en 2018, c’est de relancer les forces vives autour de la réalisation de cette nouvelle plateforme web.

  • Quelle est l’attente des itinéraires et destinations vis-à-vis de FVT ?

NP : Elle est double. Elle porte beaucoup sur le web mais aussi sur la promotion. Sur la seconde, nous aurons du travail à fournir en lien avec Atout France, à l’instar de ce que nous avons esquissé cette année avec la réalisation du tiré à part en FR/EN/NL/D et sa diffusion. Sur 2018, nous allons définir un plan d’actions à l’international pour 2019 en lien avec les itinéraires et destinations et d’autres potentiels relais. Pour ce faire, nous devrons identifier quelques marchés cibles, interroger les ressources dans les pays concernés, orienter des campagnes priorisées. Nous n’avons pas un budget faramineux alors nous devrons forcément sélectionner et trouver des compromis qui conviennent au plus grand nombre.

Sur le web, nous sentons un vrai tournant dû aux restructurations territoriales. Il y a nécessité à mutualiser désormais. Ce n’était pas forcément le cas avant. La plateforme a donc toute sa pertinence sur les entrées que nous proposerons et sur la notion d’action collective de la destination « France à vélo ». Avancer et façonner les choses ainsi promet d’être très intéressant pour l’avenir. C’est un gros travail, mais l’idée est de faire monter en force la destination. Pour cela nous voulons recentrer cette deuxième version sur l’utilisateur final. Elle est pensée pour lui, selon son point de vue, et c’est l’utilisateur qui aiguillera la pertinence des contenus. Ce sera l’élément révélateur de cette nouvelle plateforme.

  • Sur le site 2.0, en quoi cet angle utilisateurs justement diffère-t-il de la version actuelle ?

NP : La version actuelle propose des contenus de séduction et était conçue selon un découpage de topoguide. C’était conscient puisqu’au départ de cette aventure web il y avait très peu d’expériences similaires convaincantes excepté SwissMobile. Pour la plateforme 2.0, nous partons de l’expérience digitale elle-même. La plateforme web sera plus ludique pour les utilisateurs avec un calculateur d’itinéraire, des suggestions, de l’expérientiel. Elle sera moins figée, plus éditorialisée, s’ouvrant ainsi à plus de diversité, de transversalité et de souplesse. Cela fera d’avantage appel à l’imagination de l’utilisateur, l’invitera à aller plus loin, à sortir des sentiers battus.

  • Le fond de l’offre reste le même ?

NP : Elle va s’étoffer avec l’intégration de nouveaux itinéraires comme l’EuroVelo 8/La Méditerranée à vélo ou encore la V50 dans sa partie Bourgogne-Franche-Comté par exemple. La destination France se densifiera d’autant. France Vélo Tourisme va également renforcer son offre de destinations urbaines, à l’instar de Nantes Vélo Tourisme, et son offre VTT avec l’intégration prochaine de grandes traversées VTT. Avec l’avènement du VTT à assistance électrique, cette pratique s’ouvre au plus grand public et revêt un énorme potentiel. Cela gomme la difficulté physique et il est désormais possible d’aller plus loin, sans avoir forcément un niveau de sportif émérite. France Vélo Tourisme est justement à l’attention des touristes à vélo peu ou pas chevronnés qui ont besoin de témoignages et d’informations très concrètes pour sélectionner puis préparer leur séjour.

  • Quant aux utilisateurs, comment faites-vous pour recueillir leur point de vue ?

NP : Une fois la plateforme 2.0 en place, nous entrerons directement dans une phase de tests auprès d’utilisateurs du site. Nos plus de 11 000 followers sur Facebook pourront nous faire des retours, conforter ou nous amener à repenser nos choix, et le cas échéant nous conduire à ajuster des contenus ou des rubriques en fonction de leurs propres attentes. La nouvelle plateforme web est conçue pour être en permanence évolutive, sans toutefois négliger le nécessaire temps de la réflexion et des retours utilisateurs.

  • Soyons Geek deux minutes et parlons de la structuration de ce futur site 2.0

NP : Pour l’heure, nous avons arrêté de grands principes : un site « parent » FVT.com va fonctionner avec des sites « enfants », les marques blanches. La filiation se fera via les étapes communes aux deux supports. La grande différence par rapport à la première version ? Un back-office permettra aux itinéraires et destinations de customiser les contenus de leur propre marque blanche en indépendance s’ils le souhaitent. Ainsi, un itinéraire pourra animer des contenus différents de ceux du site parent. Socle commun inébranlable, la cartographie et les remontées des SIT seront partagées entre les systèmes parents-enfants. L’utilisateur sera soit sur la marque blanche, soit sur le site amiral et pourra y rester, comme avant. Nous établirons une unique passerelle entre le site parent et les sites enfants.

  • Quid de l’alimentation des contenus ?

NP : C’est un autre principe fondamental : l’alimentation sera automatique pour les tracés d’itinéraires via les DRC et leur outil d’ON3V ; pour les points d’intérêts touristiques (POI) via les systèmes d’information touristiques (SIT) et à terme DataTourisme. Il s’agit d’un gain de temps monumental pour tous les acteurs concernés. Sur les POI la performance sera évidemment fonction de celle des SIT. Mais les démarches de formatage national de type DataTourisme contribuent à lisser l’hétérogénéité des données issues des SIT. Je rêve du jour où les remontées des bases de données SIT seront simples partout.

  • Le site actuel bénéficie d’un bon référencement, d’une solide notoriété : ces éléments, très importants sur le web, vont-ils être gérés dans la transition ?

NP : Nous serons attentifs à informer les utilisateurs du passage à une version 2.0 et à gérer les redirections web qui seront précautionneusement balayées et prévues. Cela fait clairement partie des points de vigilance. Nous perdrons naturellement un peu de notre référencement. Le but sera d’en perdre le moins possible. Les actions de communication autour du lancement devront être suffisantes pour combler le déficit de fréquentation. Nous aurons un petit passage à vide, c’est le jeu, mais il n’y a pas de raison que cela ne reparte pas très fort. La croissance a toujours été à deux chiffres depuis le lancement. Nous avons bon espoir que cela perdure.

  • Après la bascule, des immenses gains en efficacité sur la gestion du site sont envisageables. Vous allez vous ennuyer ?

NP : Ce n’est pas au programme ! Nous allons nécessairement devoir adapter des contenus existants comme ceux relatifs aux tronçons du site : les thèmes qui leur sont attribués, les balades associées, les POI, etc. Pour faire face à cela, nous accueillons un peu de renfort sur 2018 pour soutenir le volet actualisation et éditorialisation des contenus. En 2019, lorsque la gestion du site sera optimisée, nous pourrons nous concentrer sur de la création de contenu spécialisé et différenciant pour assurer une fréquentation renouvelée, étendre le spectre de fréquentation … Ce que recherchent les internautes, c’est un contenu qualifié qui comble leur curiosité, leur envie d’évasion, et leur besoin d’assurance par rapport à une activité extérieure, et surtout de beaux visuels. L’idée est aussi de pouvoir valoriser le contenu spécifique pour chaque itinéraire ou destination via des campagnes Facebook, proposer des sujets d’actualités thématiques, envisager de travailler des partenariats sur certains itinéraires. Coopérer avec Brittany Ferries en lien avec La Vélo Francette et La Véloscénie serait vraiment intéressant par exemple. Ou encore rencontrer les FlixBus et NextBus pour des liens entrants et des contenus à tisser entre sites. Ce volet représente un potentiel énorme que nous sous-exploitons actuellement. Plus il y a de liens, plus cela favorise la promotion de la destination France à vélo ! C’est un travail peu visible, mobilisateur mais très payant sur la durée.

Propos recueillis par Camille Thomé

Crédits photo : Illustration du futur site en projet

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